« Just Beat it, Beat it »*. Une journée d'invective pop violente s'égrène dans la ville. Le roi de la pop est mort et j'ai perdu deux mille euros comme un con à la roulette. Ultime rempart psychologique, j'utilise la comparaison. Dans les faits, je ne la mérite pas. J'ai été con, je suis con et le resterai. C'est pas moi, c'est le monde, mon monde qui le veut le souhaite le procrée. Trente ans de vie à parcourir l'Atlantique puis histoire de bouger l'océan indien puis un jour, ailleurs. J'ai trente ans et me croit investi d'un savoir supérieur du haut de mes miles cumulés. Miles que je ne possède guère puisque en tant que con je refuse toutes fidélités commerciales. Je paye plein pot à la Fnac, à Virgin. Je ne commande pas mes livres et j'en suis fier. Pourquoi? Le drame se révèle : parce que je suis con. Mais moi, j'aime bien cette posture, cela me distingue tout en me conformant à cette société occidentale dont je suis physiquement l'apothéose et moralement son décadent.
« Toujours contre les autres, M. Guitteau ». Toujours sauf avec les femmes. Heureusement Tupac Shakur est apparu. Lui aussi était seul contre le monde mais avec plein de femmes à ses côtés. Il avait un truc et j'étais décidé à le trouver son truc. Le long d'une triste recherche mêlant investigation de l'Altuna et films de cul plus tous les clips de l'urban music, j'ai chopé quelques pistes et des cons. Mon sexe était content, j'étais content. Merci Tupac! Tu peux mourir maintenant.
Revenons à cette nuit, du 26 juin, quand la roulette tournée encore et les cœurs ne battaient plus. Une chance sur quatre de rester à la table de poker hold'em et de gagner de l'argent. La soirée n'est pas très bonne pour moi et comme un parachèvement, ou plutôt une allégorie de la malchance, je tire le mauvais numéro. Me v'là, tout seul dans l'enfer du jeu, loin de ma base naturelle, cette putain de table de poker. Depuis un mois, j'engrange 10 000 euros de gain. Pour la première fois, je perds 180 euros. C'est à dire que dalle. Deux coups à la position relancés sans obligation de toucher le flop. Une banalité affligeante, en somme. Histoire de momentum, je n'ai pas envie de casser le rythme victorieux, la marche en avant des 100 jours. Je mise deux cents euros à la roulette, sur le manque. Ça passe! Et c'est noir! Dommage! Pour rattraper l'erreur, alors que la veille, je mettais promis de jouer sur le noir, je mise 400 euros sur la passe, et ça manque! Dépité, je joue mes derniers cent euros sur le manque, qui tombe. Ça reste et passe! Douleurs au ventre, instant de malaise, les vers de Kipling jaillissent. J'affronte et ne me résigne pas, je perds encore mille euros en deux minutes. J'ai une chance sur deux de gagner et pourtant je perds six fois de suite. Dur à dire pour un matérialiste, mais je commence à croire au destin, aux cycles, à l'irrationnel. Je ressentais la défaite et elle est venue. Je sens la victoire et elle vient. Irrationnel et bien réel. Michael Jackson est mort cette nuit.
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