Citation en préambule : « L'admiration d'une qualité ou d'un art peut être si forte qu'elle nous empêche de nous efforcer d'en obtenir la possession. » Nietzsche
Après la pensée unique, une forme de jeu unique tente de se mettre en place autour des tables de poker. Une voie royale vers le succès pokéristique semble exister. Malheureusement, beaucoup de joueurs se retrouvent sur le bas de côté de la route. Quelles sont les raisons d’une telle divergence ?
Si Moneymaker a catalysé la première révolution du poker au début des années 2000, l’apparition des joueurs ultra agressifs comme Tom « Duuuur » Dwan ou plus récemment Victor « Isildur1 » Blom a constitué une seconde révolution bien moins spectaculaire mais tout aussi importante pour le poker hold’em. La concomitance entre le style développé et l’envolée de leurs gains a fait rêver plus d’un joueur de poker. Le style aggro a été popularisé à outrance. Outre que les sites de jeux en ligne se frottent les mains au vu des monster pots ainsi créés à toutes les limites, la possibilité de gagner sans attendre les cartes a ouvert des perspectives et des possibilités sans limites.
Cette manière de jouer a éclipsé « le poker prudent de papa » et s’est installée comme la référence ultime du texas hold’em. Tel le petit livre rouge, la doxa de l’agressivité se répand sur toutes les tables. Dans le même temps, les déceptions et les étoiles filantes se multiplient au sein de la communauté de joueurs.
Cela signifie-t-il que l’idée d’une vérité unique concernant le poker est vaine ? Il n’existerait pas de voie royale menant au succès irrémédiable ? Autant vous l’écrire de suite, je ne sais pas, j’en doute fortement. L’important se porte ailleurs, à mon sens. Il s’agit plus de mettre en concordance notre profil psychologique avec une ou plusieurs technicités pokéristiques.
Approche mathématique contre approche psychologique
La question essentielle à se poser est : Pourquoi jouons-nous à ce jeu de hasard qui délecterait le marquis de Sade tant il pousse loin les notions de sado-masochisme? Il ne s'agit pas de savoir si vous êtes là pour vous amuser ou pour vivre du gain. Un regard rapide des pratiquants vous donnera une réponse précise. François Montmirel a déjà détaillé l'essentiel de nos motivations. Non, ce que je veux mettre en perspective, ce sont les pensées diverses et éclectiques que les joueurs se font du poker, sur l'essence même de ce jeu. Je simplifie mon propos et ne retient que les trois visions les plus rencontrées autour d'une table de poker.
La première, première car la plus partagée par les non initiés consiste à prendre le poker pour un simple jeu de chance marrant. Avec eux, rien n’est joué avant de voir un flop. As/roi contre as/dame, As/4 vs 9/9 correspondent à un coin flip. Ce type de joueur colle la blinde puis accepte de payer une mise dix fois plus grosse, hors de position avec un bon dame/neuf des familles. « C’est une belle main quand même. Je peux faire quinte », assure la vilaine calling station. Une CS qui se transforme postflop en un agresseur surjouant sa main. Le top du move chez ce joueur, consiste à check-raiser sans fold equity son tirage couleur ou tirage quinte par les deux bouts. En résumé, il s’agit d’une crème caramel qui vous restera sur l’estomac pas mal de soir mais si bonne à déguster.
La deuxième consiste à prendre cette activité pour un divertissement de traders ultralibéraux et capitalistes. Si, effectivement, tous les joueurs rêvent de ne plus raker et de ne plus être embêté par les services fiscaux, cette perception du poker rencontre un franc succès par rapport à son approche mathématique. Elle induit des références très rassurantes pour le quidam bouffé par l'adrénaline et qui veut tâter « du jeu le plus violent qu'on puisse pratiquer assis ». En bref, les riches deviennent de plus en plus riches, ce qui exige une gestion de sa bank roll exemplaire puisque le plus riche gagnera toujours, soyons-le à nos limites définies. Cette vue du poker exige un calcul précis et répété du tapis adverse, de son tapis, une connaissance exacte de la structure du tournoi. Les probabilités constituent la référence intellectuelle primordiale et quasi unique de ce poker. Combien je risque pour quelle espérance de gain? Je possède telle main, quels sont les risques pour qu'il ait une meilleure main? Etc.... Le temps, le gain n'existe que dans le long terme. C'est le célèbre tu perds mais tu gagnes de Sklansky. Cette idée de long terme renforce la certitude innée que si l'on respecte le dieu math, on matera la variance et ses adversaires. Les bad beat ne sont plus qu'un impôt inhérent à ce jeu de hasard qui ne l'est plus puisque les mathématiques assurent des gains... pourtant variables selon les joueurs.
Comment le fossé peut-il se creuser entre joueurs utilisant et connaissant ces mêmes probabilités? « Sur le long terme », nous rencontrons tous les mêmes configurations. Alors? La réponse se situe dans la troisième vision du poker. Tels les Chiites, ils sont moins nombreux mais pas forcément moins en réussite que les tenanciers de la deuxième vision.
La clef c'est l'imaginaire
L'idée générale de ce poker renvoie les joueurs à leur territoire : cette fantasmagorique table ovale. A ce lieu de toutes les libertés. Ce que j'aime dans le poker se tient en cette seconde où les fesses se posent sur le siège, vos yeux sur les joueurs. Et là, votre imagination agit, appuyée certes par votre expérience et par votre intelligence. Il s'agit de votre imaginaire, plus ou moins perspicace, qui fera d'un opposant un aggro, une serrure, etc... C'est votre imaginaire qui vous permettra ou pas de ne pas sombrer face à ce vertige libertaire que représentent vos deux cartes privatives et ce board commun.
« Avec de l'audace vous pouvez tout entreprendre mais pas tout faire », affirmait Napoléon. Cet adage est faux au poker, vous pouvez tout entreprendre, tout faire. Vous êtes le seul maître à bord : jouez serré, large, agressif, passif, mêlez le tout. L'impératif n'est que créatif. Vous n'êtes pas obligé d'être courageux, vous pouvez être fourbe. Être un sniper ou partir à l'abordage panache blanc en main. Vous pouvez squezzer, limper, relancer selon la règle... « Expérimenter, c'est imaginez » tance le philosophe allemand, le poker n'est-il pas un jeu d'expérience? N'hésitez plus et imaginez.
L'utilisation de cette liberté me ramène au monde des pirates du XVIIIème siècle. Vous attendez le galion plein d'argent, vous le renversez puis vous vous carapatez à l'abri des impôts et du travail. Le gain est peu sûr, les périodes de vaches maigres longues mais la liberté emplit votre vie au quotidien. Pas d'heure, pas de patron, pas de morale à part celle de l'honneur. En effet, s'il existe bien un lieu où je peux laisser mon argent au vu et au su de tous sans craindre pour lui, c'est bien autour d'une table de poker.
Pour aller plus loin dans l'analogie, j'insiste sur le fait que les meilleurs livres de poker que j'ai lu traitaient de stratégie militaire. Tel les sept traités de guerres chinoises dont les célèbres « Art de la guerre » de Sun Tzu ou le « Code Militaire » du grand Maréchal Sse-ma-fa. La guérilla comme la piraterie concernent le poker hold'em.
Dans ce cadre, pour revenir à un sujet plus concret, vous jouerez plutôt small ball si vous affrontez des richissimes russes qui balancent les jetons de mille euros comme certains des miettes sur un t-shirt. Vous chercherez l'accident incessamment afin de déstacker votre adversaire sur une grosse main, ou, vous lui faites mal petit à petit, puis le moment venu, vous affrontez votre adversaire cartes en main tel Arminius contre Varus*.
Le poker est une Odyssée
Dans cette histoire peu importe le tapis de votre opposant, peu importe la fortune, seule compte la ruse, la métis si cher à Homère et à Ulysse. Parce qu'il s'agit bien de ça, de votre Odyssée dans le monde du poker. Comment ferez-vous pour résister aux dieux du poker (adrénaline, tilt, euphorie...), aux requins, aux revers de fortune, aux vents contraires qui vous éloigneront de vos familles, de votre vie sociale? Connaître les réponses à ces questions vous assurera confiance et réussite aux tables en vous moquant de la variance. Vous serez sûrs de vous et de votre choix de vie. Malheureusement, personne, à part vous, ne connait votre vérité.
Si l'on part du principe que la psychologie joue un rôle déterminant dans le poker alors ne faisons pas l'économie d'une auto-analyse pokéristique comme le sociologue s'auto-socioanalyse ou le psy...
Se connaître constitue la première marche vers la connaissance des autres.
N'hésitons pas à paraphraser Nietzsche : « Vous devez faire de votre nature un style ». Ce style vous empêchera certaines valorisations mais vous évitera d'aller dans le mur dans d'autres cas. L'important reste la cohérence de votre jeu et de votre réflexion. Venez avec votre jeu, votre vision affirmée et vous prendrez énorme si la malchance vous laisse tranquille. Bien entendu, au bout d'un moment, les joueurs s'adapteront et vos gains se feront plus minces.
La différence entre un random et un pro se joue sur l'appréhension de notre propre liberté. En démocratie, cette liberté pousse les gens à l'imitation, les moutons de Panurge prennent le pouvoir dirigés par le story telling médiatique. Noam Chomsky et Pierre Bourdieu ont développé cette thèse bien plus brillamment et que l'on peut résumer ainsi : « Une idée répétée à l'infini devient naturelle, allant de soi. C'est le bon sens commun, la pensée unique ». Cette réflexion s'applique au poker.
L'imitation agit sournoisement. Elle peut s'appeler historique dans le pire des cas, métagame dans le meilleur mais jamais elle ne sera instinct. L'instinct c'est le génie qui est en vous, qui se construit au fil de l'expérience et de vos feed-backs.
Pour résumer, il faut se poser la question de savoir ce que représente le poker pour vous. Sans que les deux visions traitées ici soient opposables l'une à l'autre, elles impliquent dans leur stéréotype des styles de jeu différents. Bien entendu, je n'oublie pas les maths quand je joue. Si c'est un jeu de trader, alors soyez froid, projetez-vous dans le long terme rassurant et jouez vos cartes, les spots. Ne prenez pas de risque. Vous enverrez tapis avec les rois préflop alors qu'un joueur est déjà à tapis et qu'un autre à relancer pour l'isoler, refusant de créer un side pot et de jouer un pot avec 30% de risque de perdre contre l'as roi de votre adversaire. Devenez l'équivalent du calculateur d'équations de JP Morgan. Si vous voulez être sûr de gagner, vos 300 euros par jour, choisissez un jeu digne d'une Sicav rassurante. Un bon serré agressif fera l'affaire. Même si le matin, devant la glace vous aurez un petit relent en vous imaginant dans la peau de Phil Helmuth, dites-vous bien que votre vie est meilleure assis dans un cercle de Paris que dans un bureau.
En revanche, si vous êtes prêts à affronter le vertige libertaire que constitue la table de poker, vous devrez vous auto-analyser, prendre des risques, prendre du plaisir. Vous verrez de plus près vos propres démons. Vous les affronterez au risque de succomber. Derrière ces risques, se cachent de gros gains, de grosses pertes, un certain épanouissement mais surtout une aventure que je ne renierai pour rien au monde.
*Arminius est un guerrier germain formé à Rome qui a combattu victorieusement les légions romaines commandées par Varus en l’an 9 de notre ère à Teutoburg.
Publié dans livepoker du mois de mars 2011
lundi 31 octobre 2011
dimanche 16 octobre 2011
La Maison du bluff ou le vrai poker
Y a des moments où la télé confine au sublime. Un moment totalement inattendu, improbable dans ce dédale de chaines qui se ressemblent toutes. Les boîtes de prod se transforment en boite de com uniformisées et sans consistance. Et puis un soir, plutôt une nuit, vers une heure du mat, le moment rare arrive. Un vrai acte de vandalisme marxiste télévisuel. Un vrai coup de génie sans douleur contre la société du spectacle. Un happening digne de Guy Debord et son film avec écran noir sur fond noir et sans bande son. On doit ce remake gauchiste et provocateur à Kawa production. Cette dernière produit la maison du bluff sur NRJ12. A sa tête : Alexandre Balkany, fils du maire de Levallois-Perret, membre fondateur du RPR puis de l’UMP. Vu son âge, impossible de plaider pour lui la crise d’adolescence, aucune possibilité d’un entrisme commandité par feu Pierre Lambert et son organisation trotskyste.
Pourtant, c’est bien un moment de rébellion auquel ont assisté les téléspectateurs de NRJ12. Un renoncement au spectacle, à l’accrochage superficiel et niais de notre cerveau. L’affrontement entre Cathy et Aïda fut un vrai moment de sincérité. Rien ne s’est passé, rien de chez rien. Alors que dans cette maison tout se joue au poker hold’em, ces deux femmes ont réussi l’exploit de jouer la néantise aux cartes. Et oh ! Miracle du hold’em en mode tournoi, le néant a été battu puisque un résultat (poussière d’étoile d’avant big bang) s’est dévoilé. Aïda a gagné.
Je préfère casser le suspens de suite, puisque là n’est pas le sujet. N’ayant aucune empathie pour l’une ou l’autre, la victoire n’intéresse pas le spectateur. Le poker s’est la même émotion que celle qu’on trouve au foot si nous ne supportons aucune équipe. Quand on regarde un streaming ou une retransmission pokèrienne, on guette le moment de génie, la confrontation dantesque, le beau geste (move). La victoire n’est vraiment qu’un détail. On mate des dizaines de matchs au bord de la somnolence en attente du jour où le moment d’éternité apparait. Les retransmissions nous gavent de ralentis, de gros plans, de discussions extra-ludiques afin de nous maintenir en vie cérébrale jusqu’à la page publicitaire.
En ce début de nuit, que pouvait tenter le réalisateur de ce tête-à-tête pour combler le rien ? Il est ridicule de vouloir ralentir le mouvement de deux femmes assises dont le seul geste technique consiste à lever deux cartes. Ralentir le statique : un sujet qui doit intéresser les chercheurs de Los Alamos mais pas vraiment le producteur de programmes télévisuels. Les gros plans s’avèrent difficiles. Aïda démontre sur son visage autant d’émotions que Dexter devant sa femme. Quant à Cathy, le gros plan n’est pas le cadrage le plus avantageux.
Il était condamné à filmer le néant en alternant platement et classiquement les différentes caméras. Un grand moment de télévision dont la rareté m’a rappelé les grandes heures d’une série culte :The Wire et cette saison 2 où les enquêteurs passent tout un épisode derrière un ordinateur en train de regarder des conteneurs se faire débarquer.
Kawa production nous a donné un moment de vérité. Un moment de pure liberté qui montre l’apport de la multiplication des chaînes. Ils n’avaient rien à montrer, aucun recours face aux délais de production très court. Alexis Lapisker, le responsable du programme avait beau se décomposer dans son polo rose, les spectateurs directs du HU subissaient les foudres de crampes musculaires équivalentes à une journée de shopping intense avec sa compagne. Personne ne pouvait empêcher toute la quintessence du poker hold’em d’éclore.
Ce jeu, en temps réel, live, est lénifiant. Une table, 15 mains à l’heure, un adversaire dont on ne peut imposer le temps de décision. Et des cartes qui ne viennent pas. Une succession de département français plus déprimant les uns que les autres. Un manque de profondeur de tapis qui empêche toute créativité. On ne tient que sur l’envie de gagner. La discipline se confronte à l’envie de tout balancer. « Au pire je serais dans un 60/40. »
Pokerstars qui, comme les autres sites de jeu nous vante à longueur d’émission, l’agressivité a été pris à son propre jeu. Une heure de heads-up sans agression, sans bluff, sans rien. Juste deux femmes qui se laissent mourir blindes après blindes jusqu’au coup fatal. Aucune adresse, aucun skill, aucune créativité, juste des cartes et un board fatidique au bout de soixante minutes d’antenne. C’était beau comme un écran noir sur fond noir et sans son dans un cinéma vide.
mardi 4 octobre 2011
Jeu de cons : la vieillesse
Même lieu, 24 heures plus tard. Je suis assis sept heures par nuit à cette même table, toutes les nuits dans le casino de Bordeaux-Lac. Les sorties avec ma compagne se raréfient. Les seuls échanges se déroulent la matinée entre deux caresses sur deux corps fatigués. Ma vie se résume à voir des cartes et à prendre l'argent d'autrui. Trente ans, bac +7, journaliste. J'ai grandi en Guyane, Amérique du sud, pays fabuleux où j'ai appris à prendre Sartre pour un con. L'autre, chez moi, n'est pas un adversaire mais une source d'enrichissement culturel. Quinze ans plus tard, l'alchimie entre Édouard Glissant, penseur de la créolisation, philosophie poétique de la relation à l’autre, de la définition identitaire avec l’autre et non contre, et Jean-Paul Sartre se réalise grâce à ce jeu de trader, de capitalistes invétérés, de décadents sur lesquels Georges Bernanos cracherait tout son talent, le poker. L'autre est devenu un adversaire et source d'enrichissement.
Le dégout emplit mon gosier, puis mon être surtout devant l'effroyable réalité : j'aime ça et je ne veux pas faire autre chose. Gagner facilement ma vie, sans aucune responsabilité.
Légèreté! Voilà la crise des trentenaires qui ont grandi dans la peur : chômage, sida, destruction de la couche d'ozone, terrorisme. Ma génération a besoin de légèreté ou de changer de planète. A défaut, on prend de la cocaïne et du cannabis. On s'habitue aux plaisirs de l'illusion, de l'éphémère. On ingurgite des films bidons sous prétexte qu'ils sont gratuits puisque téléchargés via internet. « Voici » est devenu l'Esprit de Mounier. Hors de question de séduire une fille si on ne connaît pas la vie de Paris Hilton et si l'on se refuse à la sex tape. Ce monde m'échappe, j'ai trente ans et je suis déjà vieux. Sans prise sur l'actualité, la compréhension des références s'estompent. J'ai toujours cultivé cette double culture : la bourgeoise et la populaire. Cette dernière me donne une bonne conscience de gauche qui réussit systématiquement son effet auprès des petites en tailleurs. Mais maintenant que le rap est mort, que les dj's jamaïcain vieillissent mal, que Sarkozy est devenu un modèle de réussite sociale, que les Détroit Pistons ne gagnent plus en NBA, que Naomi Campbell a choisi un milliardaire russe, que certains noirs se félicitent d'avoir trouver leur place dans la société médiatique en affichant leur couleur derrière la tête de Ruquier et de Bruce Toussaint, que les sex tape sont remplacées par des suivis morbides de cancéreux en phase terminale, je me sens vieux.
A la table, des jeunes qui jouent au poker depuis leurs douze ans me toisent. Je suis déjà l’ancien, le représentant de la old school. Les générations au poker pullulent aussi vite que celles des rats. Je suis issu de celle de 2005, déjà dépassé, déjà plus au fait. Le bouton n’est plus le bouton, UTG n’est plus UTG. J’hésite à payer le tapis d’un de ces geeks avec une double paire, sur un board avec des quintes possibles. Je paye finalement, le mec m’accuse d’avoir fait un slowroll. Genre, j’aurais dû l’instant call. « Désolé, mais ce n’était pas si évident », a été ma seule réaction. Lui m’a jeté un regard des plus dégoutés face à ma couardise. Quatre ans de poker cela apprend à ne plus se croire invincible. Difficile à comprendre quand on gagne à ce jeu depuis la préadolescence.
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