La première fois dans un cercle ou casino
Les conseils concernent un moment unique chez un joueur de poker : sa première fois dans un lieu dédiée au poker : dans un casino ou un cercle de jeu.
La majeure partie de nos parties se jouent entre connaissances. Nous développons des habitudes et un certain confort.
Alors quand on franchit la porte du temple du jeu, de préférence en arrière, ça porte plus chance, toutes ces habitudes et ce confort disparaissent. Les autres membres de la table ne vous connaissent pas. Généralement, il y aura toujours un ou deux habitués (minimum), qui vous feront comprendre que vous êtes chez eux. Ils vous mettent la pression gentiment afin de vous déstabiliser.
Pari réussi. Le contexte vous impressionne un peu, les sommes jouées dépassent de très loin vos limites et le niveau des joueurs présents vous semblent insurmontable.
Premier conseil : Respirez. Le niveau n’est pas si élevé que ça. Et si vous n’êtes pas à l’aise faîtes en sorte de sortir vos adversaires de leur zone de confiance. Ils ne vous connaissent pas. Vous avez l’effet de surprise pour vous et c’est l’essentiel.
Deuxième conseil : L’important en cash game c’est de bien savoir ce que vous représentez pour vos opposants. Dans quelles catégories ils vous placent ? Leur égo vous placera toujours en dessous d’eux. Tant mieux, ils vous prennent pour un fish, surtout ne vous battez pas pour leur faire croire l’inverse. Ainsi, vous savez qu’ils ne vous blufferont pas sur des gros montants, mais ils vous mettront la pression sur des pots petits et moyens.
Troisième conseil : Mieux que fish, c’est de passer pour un joueur faible, apeurés par les montants. Ils n’hésiteront pas à faire des moves osés contre vous. Repérer bien leurs mises et vous empocherez le pactole. Demandez-vous toujours ce qu’ils pensent de vous et ce que vous battez.
Dernier conseil qui peut paraître anecdotique mais qui ne l’est pas tant que ça. Quand vous gagnez, n’oubliez pas de récompenser le croupier d’un petit pourboire. Se mettre bien avec le floor, donne des petits avantages non négligeables surtout en cas de litiges.
UTG et son évolution
UTG, trois lettres qui forment un mythe. Une terre promise aux experts du poker, abandonnée par les amateurs.
Etre under the gun c'est-à-dire en premier de parole sur le premier tour d’enchères. Cette position est celle qui a le plus évolué depuis l’essor du poker.
Nos chères têtes blondes venues de Scandinavie ont inversé le raisonnement de base. Puisque tout le monde sait qu’on a du jeu qd on ouvre UTG, je vais ouvrir avec des poubelles comme ça je peux jouer avec deux jeux : celui que je possède et celui que laisse supposer ma relance UTG.
Alors fort de cette expérience, dans des parties avec des tapis profonds de plus de 80 bb beaucoup de joueurs les ont contrés en relançant des dernières positions provoquant encore plus d’actions. Puisque un four bet dans ces conditions devient difficilement payables, pire s’il colle, l’action se décuple.
Pour ne pas se retrouver déplumer en moins de deux, une sélection de main spécifique à UTG existe. Les bons vieux connecteurs assortis à partir de 7/6 et les gaps à partir de 9/7 feront l’affaire.
Attention à valet/dix. Il vous fera rentrer dans des coups hasardeux avec des joueurs dont la range aura touché au flop en même temps que vous. Pour joueur UTG les cartes hors Broadway sont plus efficaces.
Au flop, il s’agira de choisir entre le check raise d’un CBET classique ou d’une nouvelle arme le donk bet, ce qui signifie que vous misez en premier. Habituellement ce move était réservé aux joueurs débutants dans une sorte de contrôle du pot désespéré autrement nommé blockin bet, encore une fois l’inversion du raisonnement peut provoquer la perte de votre adversaire, mais cela est une autre histoire.
Les tours d’enchères
Le holdem poker se constitue de quatre tours d’enchères, nommées streets en anglais. L’erreur basique consiste à ne voir aucune différence dans ces quatre moments de rencontres entre les joueurs et le board.
La première enchère, préflop permet de prendre l’ascendant sur le coup et d’établir une range assez large de vos adversaires. Elle sert aussi à faire monter le pot. C’est le début de l’histoire, tout le monde prend ses marques. Il s’agit essentiellement de bien sélectionner sa main.
La deuxième enchère vient après la mise en commun de trois cartes. Nous sommes au flop. Elle sert à prendre le pot sans montrer ses cartes et/ou à établir précisément la range adverse.
La mise au turn, après l’apparition d’une quatrième carte commune, est un moment difficile à maitriser. Là se joue la différence entre les très bons joueurs et les autres. Tout est permis au turn car tout dépend de votre lecture du coup. Vous avez établi une range précise de votre opposant. C’est à vous de voir. Prendre le pot en semi-bluff, maîtriser la taille du pot, donner ou prendre une carte gratuite, abandonner le coup. Le turn est la mise des bluffs et des grosses valorisations.
La rivière maintenant. C’est la fin du coup. Toutes les données sont acquises. La créativité est donc limitée. Vous concluez votre action selon la ligne tenue lors de la donne. Bluff, piège, petite valorisation, abandon. Dans tous les cas, aucune action intempestive n’est souhaitée, rien de soudain. Vous concluez votre histoire selon le board et la range adverse identifiée. C’est la mise la moins compliquée du poker. On peut dire qu’elle va de soi. Bluff ou valorisation, cela dépend de votre espérance de gain et des risques encourus. Laissez-vous aller, faîtes parler votre instinct autrement appelé bon sens et tout devrait bien se passer. Si cela ne vous réussit pas, il restera toujours la belotte entre amis.
La sur-relance
Nous abordons ce soir, l’action que nous détestons rencontrer et que nous adorons réaliser : la sur-relance ou trhee bet en anglais. Quand c’est vous qui agissez le cœur se met à battre, quand vous vous le prenez, c’est le mal de tête qui vous envahit à moins de posséder le jeu max et là c’est un raidissement joyeux qui vous étreint. Sensation malheureusement trop rare.
La sur-relance c de l’action, c du jeu à haut risque où le poker gentil et mou de papa n’a pas de place. Le pot monte, les jetons volent. Les cas de three bet se sont vraiment accrus ces dernières années avec l’essor du poker online très agressif.
Le premier cas, le plus répandu : la sur-relance au bouton ou au cut-of voire de plus en plus au hi-jack d’un joueur en début de parole. Vous montrez de la force afin de prendre le pot immédiatement ou au flop. Vous bénéficiez de la position. Ce coup ne vous coûtera pas énormément et vous rapportera de manière régulière. Il faut le réaliser de manière fréquente mais pas obsessionnel.
C’est une arme efficace dont on ne doit pas abuser mais quand même...
Si vous avez plus de 80bb, vous three béter any two, peu importe votre main, c’est le timing qui compte. Entre 40 et 80 bb, les gros connecteurs assortis, as-roi, as- dame appareillée et vv+ . Entre 20 et 40 bb, les connecteurs disparaissent. En-dessous de 20 BB, vous partez à tapis avec as-roi et au-dessus de la paire de 88.
La bataille de blindes
Nous nous intéressons à un moment particulier du tournoi : la bataille de blindes.
Elle intervient dans un tournoi quand tout le monde a foldé jusqu’à la petite blinde. Il ne reste plus que la grosse blinde a évincé pour s’emparer du pot, gonflé par les antes. La tentation est grande, alors, de relancer. Le souci, c’est que la grosse blinde le sait et elle se dit que vous ne devez pas avoir grand-chose et donc elle sur relance. Maintenant, la grosse blinde a sur-relancé, vous vous dites qu’elle peut posséder n’importe quoi en main puisqu’elle sait que vous pouvez miser sans rien. C’est le début de la bataille.
Que faire ? Abandonner ? Relancer ? Ce qui est sûr c que la maîtrise du pot s’avère difficile, le pot est déjà gros et vous êtes hors de position.
Alors ce que je peux vous conseiller, c’est de garder votre ligne de départ. Il ne s’agit pas de tenter des moves avec des mains moins fortes qu’habituellement.
La vraie question que vous devez vous poser est celle de l’importance du pot pour votre tapis. S’il vous faut les blindes parce que très court en jetons alors l’agressivité est de mise en revanche si vous possédez un gros tapis tout comme votre opposant, la maîtrise du pot voire l’abandon préflop d’une main très moyenne peut être salvateur.
Personnellement, je privilégie un jeu conservateur en petite blinde. On joue la règle. Pas de fantaisie.
En, revanche, en grosse blinde, on peut se permettre plus de fantaisie toute en ayant conscience que la maîtrise du pot lors des batailles de blindes est très difficile. C’est pour cette raison, que les connecteurs assortis ne sont pas très utiles surtout que nous affrontons qu’un seul adversaire. Le broadway se joue allègrement, quand même, tandis que les petites paires doivent restées prudentes. C’est un bon moment pour piéger votre adversaire. Il aura tendance à être trop agressif. C’est aussi le moment de l’attraper en bluff.
Les blocs de blindes
Abordons maintenant un sujet passionnant et très débattu dans la communauté : les blocs de blindes et leurs incidences sur notre jeu.
Plus vous avez de jetons par rapport aux blindes, plus le jeu post-flop prend de l’importance. De nombreux joueurs de tournoi aiment jouer en-dessous de 40BB, ils possèdent un edge préflop et évitent ainsi de voir trop de flop. Quand le flop arrive, l’improbable le suit et avec une plus grande variance.
La majorité préfère quand même posséder un max de jetons. Cela protège des bad beats et développe la créativité.
C’est vrai que lorsqu’on a la chance d’être au-delà des 150BB, on a l’impression de marcher sur l’eau. On peut en imposer à la table sans risque. On peut tout jouer à toutes les positions. On menace systématiquement les tais des autres. C’est sûr que la passivité ne peut pas exister à 150BB.
En revanche, le débat commence pour les tapis entre 80 et 120 BB. Perso, l’agression est de mise. Je ne laisse pas respirer la table, surtout online, quand c la table finale qui rapporte. On doit aller loin. Il ne faut pas jouer any two quand même, mais tous les connecteurs sont relancés ou three beter en position. D’autres préfèrent profiter d’un deep run certain et d’attendre les cartes. Faut-il encore rencontrer des configurations favorables. La plupart du temps on va fondre bêtement, mon avis.
Entre 40 et 80 BB. La patience se justifie plus même si là encore je privilégie l’action et l’ouverture de sa main, en faisant attention au timing et à l’agressivité. C’est la période où dans tous les cas, la maîtrise du pot doit être comprise. Vous affrontez beaucoup de situation où votre adversaire sera loin devant ou loin derrière. C’est le moment du tournoi où je vais beaucoup induire des bluffs. Je me prends beaucoup la tête entre les hero fold et les hero call. En début de parole, les mains à gap ou les connecteurs sont préférés en cas de three bet à as/valet ou as/dame, même as/roi n’est pas une très bonne main à ce moment là.
Entre 20 et 40 BB, tout le monde voit midi à sa porte. C’est un moment où beaucoup aiment gambler, semi-bluffer, d’autres préfèrent patienter et ne pas perdre des jetons précieux quand les mains se présenteront. Mais dans le même temps, il faut aussi monter son stack. L’équilibre entre les deux est très mince. Dans cette configuration, le jeu en position est primordial à mon sens. Il faut bien sélectionner ces mains et les jouer à fond, être serré agressif. Sur le net, as-roi part à tapis, en live c’est différent, plus de prudence est bienvenue.
Entre 10 et 20 BB. Le mental joue un rôle important. Il ne faut pas craquer, attendre le spot idéal pour doubler. C’est le moment des squeezes, et des three bet à tapis. Vous avez encore de la fold equity, c’est à dire que votre tapis peut encore faire mal ; vous serez payer que par des premiums. Le jeu se déroule essentiellement préflop pour vous. Si vous voyez un flop c’est pour faire un stop and go, c’est tout.
En dessous de 10BB, la situation est critique. Il va vous falloir de la chance pour remonter. Vous ne pouvez pas faire folder grand-chose. S’il n’y a pas eu de relance avant vous : les as à partir d’as/neuf sont corrects, roi/dame aussi. A partir du Cut-off les connecteurs assortis sont valables. Il va falloir toucher. Bien entendu, toutes les paires sont all in.
Côte implicite/côte directe.
La côte. Un mot magique totalement galvaudé par des joueurs qui s’en servent comme prétexte pour ne pas lâcher leur main. Avoir la côte, c'est-à-dire jouer un coup parce que votre espérance de gain est positive. On peut la calculer directement par rapport au seul pot à l’instant T. G tant à mettre pour gagner tant.
Un autre calcul comprend le calcul du tapis adverse. Vous avez établi votre adversaire sur quelques mains. Vous prenez le pari que si votre carte tombe, il ne foldra pas. Exemple, vous savez qu’il a un brelan et vous êtes sur un tirage quinte. Si elle tombe au tournant, il ira chercher sa doublante et payera encore une mise rivière. Donc vous prenez en compte le pot et le gain potentiel par rapport aux chances que vos cartes ont de sortir : c’est la côte indirecte. Cette dernière est la clef de certains calls qui peuvent paraître border line.
La côte indirecte est primordiale quand on joue en cash game deep (supérieur à 100bb). En tournoi, elle sert surtout avec les connecteurs.
Il est impératif de connaître les tapis adverse et le type de joueur qu’on affronte. Si vous possédez une image de joueur large et très agressif, c’est parfait car si vous touchez, les folds de grosses mains adverses seront impossibles.
Il ne faut pas hésiter à overbéter cela signifie une mise démesurée par rapport au pot. SI vous êtes sur que votre adversaire ne jettera pas et que vous avez les nuts ou second nuts, mettez tout dans le pot. Vous serez surpris par la range de call.
Les masses plus importantes que le board ?
Nous nous attaquons à une grande question du poker : faut-il jouer les masses au poker ou le board ?
Je m’explique : jeu max étant rare, certains joueurs grâce à un tapis important par rapport à leur adversaire, ne regarde pas les cartes communes et font confiance à leur force de dissuasion : leur tapis.
A mon sens, même si cela fonctionne de temps à temps, c’est une erreur. Au poker c’est le board qui compte : est-il drawy, y-a-t-il beaucoup de tirages ? Sur quelles cartes je peux m’appuyer pour faire peur ? Et cætera…
Envoyer des jetons en s’appuyant seulement sur sa fold equity n’est pas valable à long terme. C’est plutôt le signe d’un manque de maîtrise du jeu. Le poker est un jeu de réflexions et de paris. Même s’il est bon de se simplifier au maximum la vie, quelques prises de tête feront du bien à votre intellect.
Les masses servent à abaisser la pression lors d’une décision, et à l’inverse, elles servent à mettre la pression sur votre adversaire mais en aucun cas elles n’éludent la réflexion sur la range adverse. Une donne reste une donne et la victoire se construit main après main.
Une exception à ce raisonnement existe, il s’agit de ce moment unique et vraiment jouissif de la bulle. Lorsqu’il ne reste qu’une poignée de joueurs à éliminer avant les gains. Si vous êtes devant un gros tapis à ce moment là, vous pouvez tout envoyer. Il n’y aura que nuts qui pourra payer. Le risque de perdre trois jours de tournoi et quelques milliers d’euros sur une décision moyenne joue indéniablement en faveur du gros tapis.
Au poker, regardez d’abord le board et les mises, seules informations viables sur le jeu adverse, ensuite vous devez regarder les tapis afin d’affiner votre réflexion et en dernier lieu vous pourrez penser de manière rapide et non déterminante à l’historique entre vous et lui.
Les positions en nombre de jetons Bonsoir,
Shortstack, deep stack, crippled… Tous ces termes ne vous disent rien. Pas d’inquiétude, on vous explique tout.
Être short stack, avoir un petit tapis, implique un comportement défensif qui rejoint les tactiques de la guérilla. « Le but final d’une guerre défensive ne doit jamais être absolument négatif (préservation), et que, si faible qu’il soit, le défenseur doit toujours menacer son adversaire et chercher à le frapper. L’attaque, sans doute, [en tentant de conquérir le petit tapis] se fatigue, mais, tant que le revirement des forces ne se produit pas, elle n’a guère à s’en inquiéter, en ce que la défense s’affaiblit plus encore, d’abord parce qu’elle est habituellement la moins forte des deux et qu’à pertes égales elle souffre par conséquent davantage, » assure Karl Von Clausewitz, un stratège allemand.
La stratégie devient plus subtile avec plus de jetons entre 20BB et 40BB. Nous devons rester en mode défensif mais : « il[Le petit tapis] peut recourir à de petites actions offensives, invasions, diversions, entreprises contre des forteresses isolées et autres opérations par lesquelles il se propose bien moins une conquête définitive qu’un avantage provisoire, » confirme l’auteur mythique de « De la guerre ».
Au-delà de40BB, on devient deep stack, notre tapis a beaucoup de jetons. Entre 40 et 80 BB, il existe deux choix : patienter et attendre que les rencontrent se fassent (vous cherchez le deep run et l’itm). L’alternative : attaquer et chercher l’accident afin de grossir et d’aller chercher la victoire à tous prix.
En ce qui concerne le gros tapis, au-delà des 100 bb nous ne l’évoquerons pas, tant la réponse semble universelle et évidente et se résume à un impératif : Attaquer.
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